LA CHATELLENIE DE LILLE
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On appelle châtellenie toute seigneurie dépendant de la juridiction d'un châtelain. Les châtellenies ont été créées en France aux Xe et XIe siècles. Celle de Lille a pour chef-lieu le château de la Salle (aujourd'hui disparu).
Le système féodal, fondé sur la possession du sol, divise le comté de Flandre en circonscriptions territoriales, succédant généralement d'anciennes vicairies civiles et concordant avec les décanats ecclésiastiques. Aux Xème et XIème siècles, les châtellenies sont créées. Celle de Lille a pour chef-lieu le château ou Salle de Lille, siège de la cour féodale du comte considéré comme seigneur particulier de la ville et du pays qui l'environne. Un châtelain y est constitué qui tient en fief de la Salle de Lille en état, titre et office avec les terres, rentes et droits y affectés. La circonscription sur laquelle cet officier, l'un des plus grands seigneurs de la contrée, étend son autorité suzeraine, comprend à peu de choses près ce qui forme aujourd'hui l'arrondissement de Lille, c'est-à-dire le cadre où se renferme cette première partie de la Statistique féodale du département du Nord.
La châtellenie de Lille, mentionnée en 1039, se subdivisait elle-même en cinq quartiers, dont quatre, ceux de Mélantois, de Carembaut, de Pévèle et de Ferrain, avaient appartenu aux Ménapiens. Le cinquième, celui de Weppes semble avoir succédé au pagus Leticus des Atrebates, lequel s'étendait dans la vallée de la lys.
Le Mélantois, pagus Medenatensis, ou quartier du milieu, est nommé pour la première fois dans la vie de Saint Eloi par Saint Ouen (Spicil. 11, 93), puis dans l'acte de partages des Etats de Louis le Débonnaire en 835 (Duchesne. Hist. Franc. Script. 11, 327). Situé entre la Deûle et la Marque, il était borné au nord par le Ferrain, au levant par la Pévèle, au midi par le Carembaut, au couchant par le Weppes. Il comprenait, outre Lille, 29 villages de l'arrondissement actuel. Seclin en était la capitale.
Le Carembaut, carembaultius ager est nommé Caribaut dans le titre de fondation de l'abbaye de Saint-Vaast d'Arras en 673. Ce quartier, le plus petit des cinq, était borné au nord par le Weppes et le Mélantois, au levant par le Pévèle, au midi par la Deûle et l'Artois. Il renfermait, dans la circonscription actuelle de l'arrondissement de Lille, 11 villages dont Phalempin en était le Chef-lieu.
La Pévèle, Pabula, pagus pabulensis, est également reprise en 673, dans les lettres patentes données à l'abbaye de Saint-Vaast par le roi Thierri (Miroeus, 1, 126). Ce pagus dont la tête était Orchies, s'étendait originairement jusqu'à la Scarpe qui le séparait de l'Ostrevent ; le quartier qui le représente aujourd'hui dans l'arrondissement de Lille est moins étendu, il a pour limite, au nord le Ferrain, à l'est le Tournaisis, au midi l'arrondissement de Douai, à l'ouest la Marque qui le borne du côté du Mélantois et dans une petite partie le Carembaut. On compte 24 villages. Chef-lieu Cysoing.
Le Ferrain, Ferraina regiuncula, était borné au septentrion par la Lys, à l'orient par le Tournaisis, au midi par la Pévèle et par la Marque qui le séparait du Mélantois, à l'occident par la Deûle qui formait sa limite vers la Weppes. Il comprenait 31 villages dans la circonscription actuelle de l'arrondissement de Lille. Chef-lieu Comines.
Le Weppes, Weppis, Weppesana regio, dont Wavrin était le Chef-lieu, avait pour contour, au nord la Lys et la Deûle, au levant et au midi la Deûle qui le séparait des quartiers de Ferrain, de Mélantois et du Carembaut, au couchant l'Artois et la pays de Laleu. Ce contour renferme 37 villages.
Phalempin-en Carembaut, Cysoing-en Pévèle, Wavrin-en-Weppes et Comine-en-Ferrain étaient les quatre baronnies des seigneurs hauts - justiciers dont les baillis, personnages eux-mêmes considérables et pris dans la noblesse, administraient le pays.
La châtellenie de Lille comprenait encore les quartier d'Outre-Escaut, Transcaldina regio, et le Comté, comitatus ; mais les paroisses d'Otre-Escaut n'appartenant plus au département sortent ainsi du cadre adopté, et le Comté se composait d'enclaves dispersées dans les autres quartiers où elles sont reprises à leur ordre.
M. Th. LEURIDAN
Bibliographie : STATISTIQUE FEODALE du DEPARTEMENT du NORD. Extrait du bulletin de la commission historique du département du Nord, T. XI
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